ARTICLE DU JAZZ-RHONE-ALPES N°571, 21 SEPTEMBRE 201

 


Antoine Laville Trio au Hot-Club


Quelle excellente idée le Hot-Club de Lyon, a eu en invitant le pianiste Antoine Laville. Elève des pianistes Kenny Barron et Kenny Werner, pianiste accompagnateur d'Emmanuel Job et des Gospels River en Europe, et qui joua en 2000 en première partie d'un concert de Ray Charles. Adoubé par "le boss" ?

Le Hot club le présentait comme un pianiste également harmoniciste et compositeur est doué d'une grande sensibilité. Ce pianiste étonnant, doublé d'un pédagogue enthousiasmant fait donc de la musique. Et une musique qui swingue bien sûr mais avec finesse ce qui n'exclut pas la force.

Juste après un petit tour d'harmonica, du Coltrane pour commencer : le splendide Naima, dynamisé, dynamité, explosif, enchaîné à Crescent : incandescent comme il se doit, un Stella by Starlight revisité par Mc Coy Tiner, avec ces basses si caractéristiques, ces pentatoniques qui déménagent... Quelques belles compositions, beaucoup de Thélonious Monk I Mean you (thème exposé à la contrebasse par Marion Ruault brillante une fois encore, et ses chorus proposent des figures mélodiques et rythmiques vivantes et passionnantes) Autour de minuit, Well you need'nt (un chorus de Valentin Martel, tout en finesse ; beaucoup de groove et subtilité chez lui). N'oublions pas un Satin Doll incroyable, avec un turn around hallucinant de joie de vivre et de ferveur à la fin.

Ce concert de ce samedi nous a enthousiasmés comme peu de concerts ont réussi à le faire depuis pas longtemps. Si Antoine Laville a une vraie sensibilité, ce qui lui permet de composer de beaux thèmes aussi bien dans les ballades : Ballade avec de belles et riches harmonies que dans des thèmes très swing comme Payjazz, il a aussi et surtout une énergie incroyable. Loin d'être un bopper à la petite semaine, il s'empare de son piano avec volubilité et gourmandise. Il retrouve complètement l'esprit d'enfance. Son jeu très orchestral, ses trémolos mains droite avec mélodie à la main gauche, ses traits fulgurants, sa prédilection pour des accords chargés, pleins, ébouriffants, son plaisir communicatif de jouer réveillent une salle à demi pleine d'abord (mais que faites-vous devant votre télé oh lyonnais paresseux, quand il se passe de tels trucs dans la capitale des Gaules !) se remplira progressivement. Quelques SMS, le bouche à oreille, un petit restau terminé, et la salle est pleine. C'est avec une joie débordante que, debout le public ovationne le trio à la fin du concert. Un All blues en rappel, qui s'accélère avec une grande jubilation.

De l'énergie pour toute la semaine à venir ! 


Bernard Otternaud & photos Jazz-Rhone-Alpes.com